Première émotion


J’ai 15 ans lorsque je vis pour la première fois une grande émotion de voyage… Me voilà au Kenya. Avec ma grand-mère, une aventurière des premiers temps. Le décor dans mon souvenir est des plus beaux qu’il soit : la savane, immense et dorée, se dresse devant moi et le soleil d’Afrique me brûle les pommettes.
À cette époque, il était encore possible d’avoir la sensation d’être isolé du monde au beau milieu de la réserve naturelle de Maasaï Mara. Alors que l’on venait d’assister à une chasse sanguinaire de deux guépards, je me disais que la nature pouvait être impitoyable.

En profitant des dernières lueurs du soleil, on aperçut derrière un de ces immenses arbres en ombre chinoise qui bercent notre imaginaire d’Afrique (merci Le Roi Lion) un troupeau de girafes. On décide alors de s’approcher lentement…

♥ Magnifique ♥

Et là, première magie de la nature


Au pied de l’arbre, deux lionnes dorment paisiblement. Leurs petits sont à côtés, joueurs, ils s’approchent des girafes. Ces grandes dames très peu enclines au jeu avec des lionceaux commencent à partir. Les lionceaux se mettent alors à courir entre leurs pattes et elles accélèrent le tempo. Et là, j’assiste à une scène comme il m’est impossible d’oublier un jour...

Seconde magie de la nature


Un ballet de girafes, une danse parfaitement synchronisée où leurs gigantesques cous se calent sur le même rythme, avec des bébés lions batifolant dans leurs immenses jambes toutes entremêlées.

Je ne sais pas pourquoi, je ne comprends pas encore, mais ce jour là je pleure de joie devant un des plus beaux spectacles de voyage, une scène de nature rare et indélébile. Cette émotion c’est la gratitude exprimée envers tant de beauté, tant de beauté que ni les livres, ni les films ne peuvent le montrer…

C’est submergée par tant de grâce que je prendrais conscience que notre planète recèle de trésors éphémères, d’instants magiques, parfois de quelques secondes seulement, mais des instants qui peuvent nous émouvoir à jamais.

Je graverai sur ma peau des années plus tard, le signe hakuna matata, symbole swahili de mes premiers pas en Afrique, sur cette terre kenyane, symbole de mon premier voyage.

Je vous raconte cette anecdote car aujourd’hui la girafe rejoint la triste liste des espèces menacées

Et c’est la gorge nouée que je me remémore alors ma première rencontre en pleine nature avec la grande dame tachetée.

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